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Angiographie cerebrale normale 

F. Clarengon, F. Bonneville, A. Biondi, B. Jean, N. Sourour, J. Chiras 

L'angiographie cerebrale numerisee , toujours consideree comme I'examen de reference dans 
I' exploration des vaisseaux intracraniens, est depuis quelques annees progressivement remplacee par de 
nouvelles techniques d'imagerie non invasives (angioscanner et angio-imagerie par resonance 
magnetique [IRM]) de plus en plus fiables et sensibles. L'angiographie conventionnelle conserve quelques 
indications , notamment dans le cadre du bilan diagnostique des angeites cerebrales, et surtout dans le 
bilan pretherapeutique et le suivi des malformations vasculaires cerebrales (malformations 
arterioveineuses [MAV] et fistules arterioveineuses [RAM]), et des anevrismes intracraniens. Ainsi, la 
connaissance des modalites de realisation de cet examen invasif ainsi que I'angioanatomie des vaisseaux 
intracraniens sont indispensables pour la pratique de la neuroradiologie interventionnelle (NRI), mais 
egalement pour une meilleure comprehension de la pathologie vasculaire cerebrale. Dans ce chapitre, la 
radioanatomie des vaisseaux intracraniens et leurs principales variations anatomiques sont presentees , 
ainsi que les principales complications pouvant survenir au cours ou au decours de cet examen. Enfin, la 
place de l'angiographie cerebrale par rapport aux autres modalites d'imagerie non invasive dans la 
demarche diagnostique des pathologies vasculaires intracraniennes est discutee. 

© 2009 Elsevier Masson SAS. Tous droits reserves. 


Mots cles : Angiographie cerebrale ; Artere carotide interne ; Artere vertebrale ; Artere carotide externe ; 
Polygone de Willis ; Veines cerebrales 


Plan 


■ Introduction 1 

■ Principes de l'angiographie. Materiel utilise 1 

Techniques de ponction 1 

Complications 2 

■ Angiographie des troncs supra-aortiques (TSA) 3 

Methodes d'exploration 3 

Anatomie radiologique 3 

Artere carotide primitive 4 

Artere carotide externe 4 

Artere carotide interne 6 

■ Arteres intracraniennes 6 

Systeme carotidien 6 

Systeme vertebro basil ai re 10 

Polygone de Willis 13 

Variations anatomiques 1 3 

■ Circulation veineuse intracranienne 15 

Etage sus-tentoriel 1 5 

Etage sous-tentoriel 1 7 

■ Place de l'angiographie cerebrale dans I'exploration 

des pathologies vasculaires intracraniennes 17 

■ Conclusion 19 


■ Introduction 

La place de l'angiographie cerebrale dans le cadre de l'explo- 
ration diagnostique de la pathologie vasculaire intracranienne a 


recule ces dernieres annees au detriment des techniques non 
invasives telles que l'angioscanner et l'angio-IRM. 

Cependant, certaines indications meritent toujours d'etre 
explorees par l'angiographie conventionnelle. 

■ Principes de l'angiographie. 
Materiel utilise 

Le principe de l'angiographie cerebrale consiste en un 
catheterisme selectif de l'artere dont on veut etudier le tronc et 
les branches, et en son opacification par injection de produit de 
contraste radio-opaque. Quelle que soit l'artere ou la veine a 
explorer, deux incidences orthogonales doivent etre au mini- 
mum realisees. Les progres des materiaux des catheters ont 
rendu le catheterisme des vaisseaux cervicocephaliques plus aise 
et plus fiable. Plusieurs techniques de ponction ont ete 
proposees. 

Techniques de ponction 

Ponction femorale 

Elle represente de tres loin la voie la plus employee pour 
l'angiographie cerebrale. Apres anesthesie locale, l'artere 
femorale commune est ponctionnee directement sous l'arcade 
crurale, en regard de la partie mediale de la tete femorale 

(Fig. 1). 

Elle presente comme avantage de permettre a l'operateur de 
travailler a distance du tube a rayons X, et de comprimer 
l'artere ponctionnee sur un plan osseux apres retrait du mate- 
riel. Son principal inconvenient est qu'elle est parfois difficile a 
comprimer (sujets obeses, etc.). 


Neurologie 


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17-032-D-10 ■ Angiographie cerebrale normale 



Figure 1. Reperage du point de ponction sous scopie. Ponction en 
regard de la portion mediale de la tete femorale. 


Ponction humerale 

Rarement utilisee, elle consiste en une ponction directe de 
l'artere humerale au pli du coude. Elle permet un acces plus aise 
au tronc arteriel brachiocephalique (TABC) a droite et a l'artere 
sous-claviere et ses branches a gauche. Cette voie presente 
l'avantage d'etre plus accessible a la compression manuelle et 
est done moins sujette aux complications locales a type 
d'hematome. 

Elle n'est en pratique utilisee qu'en cas d'impossibilite a 
emprunter la voie femorale. 

Ponction carotidierme directe 

Elle consiste en un abord direct de l'artere carotide primitive. 
Quasi abandonnee a ce jour, elle peut constituer une alternative 
en cas de catheterisme difficile de l'artere carotide primitive 
(boucles serrees, arc aortique droit, etc.) (Fig. 2). 

Complications 

Elies sont rares, mais potentiellement graves (deces, deficit 
neurologique persistant). Ainsi, ces complications font de 
l'angiographie cerebrale un examen dont l'indication doit etre 
soigneusement pesee. On lui preferera toujours, a rendement 
diagnostique attendu egal, un examen non invasif. 



Figure 2. Mise en place d'un 
introducteur dans la portion ter- 
minale de l'artere carotide primi- 
tive (fleche) du fait de la presence 
de boucles importantes a son 
origine. 


Complications neurologiques 

Ce sont les plus graves. Elies surviennent dans environ 2,6 % 
des cas hi. Elies sont favorisees par un terrain atherosclerotique. 
Elies se traduisent par un deficit neurologique transitoire (2,5 % 
des cas) ou permanent (0,14 %). Le mecanisme physiopatholo- 
gique est la migration (embolie distale) d'un fragment de plaque 
d'atherome ou d'un caillot au cours du catheterisme, ou d'une 
bulle d'air lors d'une injection de produit de contraste (PDC) 
mal realisee. 

Autre incident pouvant survenir au cours du catheterisme de 
l'artere carotide interne ou de l'artere vertebrale, la dissection 
est une complication rare, parfois asymptomatique, mais 
potentiellement grave. Elle est due a un traumatisme de la paroi 
arterielle lors du catheterisme ou lors de l'injection du PDC 
(injection a haut-debit contre la paroi arterielle) (Fig. 3). 

Des tableaux d'encephalopathies posterieures reversibles, se 
manifestant sous forme de confusion mentale et de troubles 
visuels, ont egalement ete decrits suite a l'injection selective 
intra-arterielle de PDC iodes, notamment dans la circulation 
posterieure. Ils seraient imputables a l'osmolarite des PDC, 
responsable d'une alteration des mecanismes d'autoregulation 
du debit sanguin cerebral. 



Figure 3. 

A. Angiographie selective de l'artere carotide primitive gauche. 
Irregularites postbulbaires du calibre de l'artere carotide interne 
(ACI) (fleches) en rapport avec une dissection arterielle. 

B. Angiographie par resonance magnetique (ARM) des troncs 
supra-aortiques apres injection de gadolinium. Image d'arret du 
produit de contraste en postbulbaire, confirmant la dissection de 
I'ACI gauche. 


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Neurologie 



Angiographie cerebrale normale ■ 17-032-D-10 



Figure 4. 

A. Tomodensitometrie (TDM) abdominopelvienne. Coupe axiale. Hematome au 
niveau du muscle droit anterieur gauche (tetes de fleches) survenu dans les suites 
d'une angiographie cerebrale par ponction de I'artere femorale commune gau- 
che. 

B. Angiographie numerisee au niveau du triangle de Scarpa droit. Faux anevrisme 
de I'artere femorale superficielle droite (fleche) secondaire a une ponction de 
I'artere pour angiographie cerebrale. 

C. Angiographie numerisee centree sur le triangle de Scarpa droit. Image d'arret 
sur la portion distale de I'artere femorale commune droite (fleche), en rapport 
avec une dissection secondaire a une ponction femorale. 



Complications locales 

Plus frequentes et moins graves, elles ne doivent pourtant pas 
etre negligees car un hematome de plusieurs litres peut rapide- 
ment se constituer au point de ponction arteriel, pouvant 
conduire a un choc hypovolemique. 

Elles regroupent les hematomes (localises au point de ponc- 
tion ou retroperitoneaux) (Fig. 4A), les faux anevrismes (Fig. 4B) 
et les dissections (Fig. 4C). Elles compliquent environ 4 % des 
procedures. 

■ Angiographie des troncs 
supra-aortiques (TSA) 

Elle n'a quasiment plus d'indication en dehors d'un premier 
temps pretherapeutique (avant pose de stent carotidien, par 
exemple). Elle a ete supplantee par des techniques non invasives 
telles que l'echographie Doppler, l'angio-IRM (ARM) et surtout 
l'angioscanner, ce dernier offrant des informations morphologi- 
ques sur la lumiere et la paroi des arteres etudiees, avec une 
resolution spatiale satisfaisante. 

Methodes d'exploration 

F'angiographie des TSA est realisee soit par une injection 
globale a haut debit directement dans la crosse aortique (au 
moyen d'une sonde « queue-de-cochon » ou pig tail), soit par 
catheterisme selectif successif des TSA. Fe catheterisme selectif 
des TSA naissant de la crosse aortique presente, chez les patients 


atheromateux, le risque de decrocher un fragment de plaque 
atheromateuse, source d'ischemie cerebrale. 

Anatomie radiologique 

Fa crosse aortique donne naissance a trois troncs arteriels qui 
vont vasculariser l'etage cephalique. Tout d'abord, le tronc 
arteriel brachiocephalique (TABC), qui nait de la portion 
proximale de la crosse aortique. II va se diviser pour donner 
naissance a I'artere carotide primitive droite (ACPD) et a I'artere 
sous-claviere droite (ASCD). Ensuite naissent de la crosse 
aortique I'artere carotide primitive gauche (ACPG), puis I'artere 
sous-claviere gauche (ASCG) (Fig. 5). 

Variations anatomiques (Fig. 6) 

Selon Fippert, l'anatomie est modale dans 77 % des cas 
(TABC donnant ACPD et ASCD, ACPG et ASCG naissant de 
l'aorte). Des variations de naissance des TSA sont done rencon- 
trees dans 23 % des cas. Fa plus frequente est la naissance de 
l'ACPG a l'origine du TABC (13 %) ou directement du TABC 
(9 %). Fa naissance de l'ACPG directement du TABC prend le 
nom d'« arche bovine », sans que l'origine de cette appellation 
usuelle soit clairement elucidee. 

Autre variation non exceptionnelle, la naissance de l'ASCD, 
non pas du TABC a droite, mais directement sur la crosse de 
Paorte, tout a gauche, en aval de l'ASCG, ou elle prend le nom 
d 'arteria lusoria (Fig. 7). Elle chemine en arriere de l'oesophage 
pour retrouver ensuite son trajet habituel. Elle peut etre source 
de dysphagie. Elle resulte d'une anomalie de resorption du 
quatrieme arc aortique droit lors de la vie foetale. 


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Figure 5. Crossographie avec opacification de I'emergence des troncs 
supra-aortiques. Incidence oblique anterieure gauche. 1. Tronc arteriel 
brachiocephalique ; 2. artere carotide primitive droite ; 3. artere verte- 
brale droite ; 4. artere sous-claviere droite ; 5. artere carotide primitive 
gauche ; 6. artere vertebrale gauche ; 7. artere sous-claviere gauche. 


Enfin, on cite la naissance directe de l'artere vertebrale de la 
crosse aortique (4 %) ; entre l'ACPG et l'ASCG (voir chapitre 
« Artere vertebrale ») (Fig. 8). 

Artere carotide primitive 

Elle nait du TABC a droite et de la crosse aortique a gauche. 
Son trajet se fait dans la gouttiere carotidienne. En dedans de 
la veine jugulaire interne et du muscle sterno-cleido-mastoidien. 
Sa portion terminale se projette a hauteur du corps de la 
vertebre C4 et donne naissance a l'artere carotide interne (a 
destinee intracranienne) et a l'artere carotide externe (a destinee 
cervicofaciale) (Fig. 9). La projection de la terminaison caroti- 
dienne peut se faire a des niveaux variables ; entre l'etage C6 et 
l'angle de la mandibule. 



Figure 7. Angiographie numerisee des troncs supra-aortiques. Inci- 
dence oblique anterieure gauche. Arteria lusoria : naissance de l'artere 
sous-claviere droite a gauche, au-dela de l'artere sous-claviere gauche, 
presentant un trajet posterieur (retro-oesophagien) (fleches). 



Figure 8. Angiographie numerisee des troncs supra-aortiques. Naissance 
de l'artere vertebrale gauche directement de la crosse aortique (fleche), 
entre l'artere carotide interne gauche et l'artere sous-claviere gauche. 


Artere carotide externe [2] 

Elle assure entre autres la vascularisation du massif facial, 
des meninges et des nerfs craniens dans leur portion extracra- 
nienne. 



Figure 6. Schema recapitulate de I'anatomie de la naissance des troncs supra-aortiques et de ses variantes (d'apres Lippert). 1 . Disposition normale (77 %) ; 
2. naissance de l'artere carotide primitive gauche (ACPG) a I'origine du tronc arteriel brachiocephalique (TABC) (1 3 %) ; 3. naissance de l'artere carotide primitive 
gauche directement du TABC (9 %) ; 4. naissance de l'ACPG et de l'artere sous-claviere gauche d'un tronc commun ; 5. naissance de l'artere sous-claviere droite 
directement sur la crosse de I'aorte. Trajet retro-oesophagien (arteria lusoria) ; 6. naissance directe de l'artere vertebrale de la crosse aortique (4 %). 


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Figure 9. Angiographie numerisee centree sur la bifurcation caroti- 
dienne de face (A) et profil (B). Sur I'incidence de face, I'artere carotide 
interne (ACI) est plus externe que I'artere carotide externe (ACE). L'ACE 
abandonne des branches de divisons precocement (tetes de fleche). A 
noter une surcharge atheromateuse moderee du bulbe (fleche). 


Son examen doit faire partie des explorations des malforma- 
tions vasculaires et des tumeurs cervicocephaliques. 

Elle nait de la bifurcation carotidienne. La plupart du temps, 
elle presente de face un trajet plus interne que I'artere carotide 
interne. Un autre element permettant de la distinguer facile- 
ment de I'artere carotide interne (ACI) sur l'angiographie est la 
presence de branches arterielles, non visualisees sur l'ACI. Parmi 
ces branches, on decrit, de la proximalite vers la distalite 
(Fig. 10) : 

• I'artere thyroidienne superieure ; 

• I'artere linguale ; 

• I'artere faciale ; 

• I'artere pharyngienne ascendante ; 

• I'artere occipitale ; 

• I'artere auriculaire ; 

• I'artere temporale superficielle ; 

• I'artere maxillaire interne. 

Trois arteres jouent un role plus important dans la pathologie 
cerebrale : I'artere pharyngienne ascendante, I'artere occipitale 
et I'artere maxillaire interne. 

Artere pharyngienne ascendante (Fig. 11) 

Elle assure la vascularisation de la paroi posterieure du 
pharynx, de la face interne de l'etage moyen de la base du 
crane, du rocher ainsi que le trou dechire posterieur. Elle 
abandonne un rameau meninge destine a la dure-mere de la 
fosse cerebrale posterieure. 

Artere occipitale (Fig. 12) 

Elle participe a la vascularisation de la nuque et de l'ecaille 
occipitale. Elle presente un rameau meninge quasi constant, 
tapissant la voute occipitale au-dessous du trajet du sinus lateral. 

Elle presente en outre un ou deux anastomoses constantes 
avec I'artere vertebrale homolaterale. 




Figure 10. 

A. Representation schematique de I'artere carotide externe (ACE) et de ses 
branches. 

B. Angiographie selective de I'ACE ; vue de profil. 1 . Artere thyroidienne 
superieure ; 2. artere linguale ; 3. artere faciale ; 4. artere pharyngienne 
ascendante ; 5. artere occipitale ; 6. tronc maxillotemporal ; 7. artere 
maxillaire interne ; 8. artere meningee moyenne ; 9. artere temporale 
superficielle ; 10. branche anterieure de I'artere temporale superficielle ; 
1 1 . branche posterieure de I'artere temporale superficielle. 


Segment mandibulaire (proximal) 

Ce segment donne naissance a une artere tres importante : 
I'artere meningee moyenne (AMM), qui est la premiere et la 
plus grosse branche de I'artere maxillaire interne. L'AMM a un 
trajet ascendant. Elle traverse le foramen epineux (trou petit 
rond) en realisant une epingle a cheveux a convexite anterieure 
sur une vue de profil, avant de penetrer dans le crane. L'artere 
meningee accessoire (AMA) est une autre branche de ce segment 
mandibulaire, plus petite. Elle a un trajet ascendant et penetre 
la base du crane par le foramen ovale. Elle abandonne parfois 
des branches caverneuses cheminant dans le foramen de Vesale. 

Segment pterygoidien (moyen) 

II se situe dans la fosse infratemporale et se dirige vers la fosse 
pterygopalatine. Les principals branches naissant de ce seg- 
ment sont les arteres temporales profondes anterieures et 
posterieures, les arteres masseterines et buccales. 


Artere maxillaire interne (Fig. IB) 

Elle vascularise les fosses nasales, le sinus maxillaire, les parois 
orbitaires, et les etages anterieur et moyen de la base du crane. 
Elle est divisee en trois segments. 


Segment pterygopalatin (distal) 

II realise une boucle dans la fosse pterygopalatine bordee 
anterieurement par la paroi posterieure du sinus maxillaire et 
posterieurement par le processus pterygoide. 


Neurologie 


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Figure 1 2. Angiographie selective de l'artere occipitale. Noter I'anasto- 
mose a l'artere vertebrale au niveau du trou occipital (fleche). 


Ses principales branches sont l'artere alveolaire superieure 
(naissant avant l'entree dans la fosse pterygopalatine), l'artere 
infra-orbitaire (cheminant dans la fissure infra-orbitaire), l'artere 
grande palatine (cheminant dans le canal incisif) et l'artere 
sphenopalatine ; terminaison de l'artere maxillaire, passant dans 
le foramen sphenopalatin medialement pour vasculariser le nez. 

Les principales anastomoses entre l'artere carotide externe (ACE) 
et I'ACI se font : 

• entre l'artere angulaire (branche de l'artere faciale), situee a 
proximite du canthus interne de l'oeil, et des branches de 
l'artere ophtalmique (Fig. 14) ; 

• entre l'artere temporale superficielle et I'ACI via l'artere 
ophtalmique ; 

• entre l'artere maxillaire interne et I'ACI via le tronc inferola- 
teral, l'artere ophtalmique et l'artere vidienne ; 

• entre l'artere pharyngienne ascendante et I'ACI via le tronc 
inferolateral, l'artere vidienne et l'artere carotidotympanique. 
Les anastomoses entre les branches de l'ACE et les branches 

de l'artere ophtalmique jouent un role capital de suppleance en 
cas d'occlusion de I'ACI. 



Figure 13. 

A. Angiographie selective du tronc maxillotemporal. 1 . Artere meningee 
moyenne ; 2. artere temporale superficielle ; 3. artere maxillaire interne. 

B. Angiographie de l'artere carotide externe (ACE). Vue oblique anterieure 
droite. 1 . Artere maxillaire interne ; 2. artere meningee moyenne ; 
3. artere temporale superficielle. 


Artere carotide interne 

Elle presente la plupart du temps, sur une incidence de face, 
un trajet plus externe que l'artere carotide externe, a son 
origine. 

On distingue quatre segments : le segment cervical, le 
segment petreux, le segment intracaverneux et le segment 
supra- 
caverneux. 

Elle chemine dans son premier segment dans l'espace 
maxillopharyngien, accompagnee par la veine jugulaire interne. 
Elle penetre ensuite le rocher ; chemine dans le canal carotidien 
qui presente une orientation verticale puis horizontale. Elle 
rentre a l'etage intracranien via le foramen lacerum (trou 
dechire anterieur). Elle chemine ensuite dans la loge caverneuse 
puis penetre les espaces sous-arachnoidiens dans sa portion 
supraclinoidienne. Elle abandonne sur sa face anterieure l'artere 
ophtalmique, puis sur sa face posterieure, espacees de quelques 
millimetres, les arteres communicante posterieure et choroi- 
dienne anterieure. Enfin elle se divise pour donner les arteres 
cerebrales anterieure et moyenne. 


■ Arteres intracraniennes [3 6] 

Systeme carotidien 

L'artere carotide interne intracranienne presente, dans sa 
portion intracaverneuse, une serie de courbes ayant habituelle- 


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Neurologie 



Angiographie cerebrale normale ■ 17-032-D-10 



Figure 14. 

A. Representation schematique des anastomoses entre I'artere carotide 
externe et I'artere carotide interne (ACI). Anastomoses carotidovertebra- 
les. 1 . Artere nasale, branche de I'ophtalmique ; 2. artere angulaire, 
branche de la faciale ; 3. rameaux ethmoidaux de la maxillaire interne, 
anastomoses a ceux de I'ophtalmique ; 4. maxillaire interne ; 5. artere 
faciale ; 6. carotide primitive ; 7. artere vertebrale ; 8. cercle de Willis ; 
9. tronc basilaire ; 1 0. artere occipitale, dont les rameaux musculaires sont 
anastomoses a ceux de la vertebrale ; 1 1 . carotide interne ; 12. carotide 
externe. 

B. Anastomoses entre I'artere angulaire (branche de I'artere faciale) et les 
branches de I'artere ophtalmique (*) chez un patient ayant beneficie 
d'une occlusion therapeutique de I'ACI pour traitement d'un anevrisme 
geant du siphon carotidien. 1 . Artere faciale ; 2. artere angulaire. Noter 
I'occlusion de I'ACI (fleche). Double fleche : materiel d'embolisation 
(coils). 


ment la forme d'un « S » italique ouvert vers le haut. Cette 
portion contournee porte le nom de siphon carotidien. On 
distingue selon Fischer cinq segments pour le siphon carotidien, 
nommes de C5 en proximalite a Cl en distalite (Fig. 15). 

Les segments C4 et C3 ont une topographie intracaverneuse, 
les segments C2, Cl une topographie supracaverneuse. 

Le segment C5 donne naissance au tronc meningohypophy- 
saire, d'ou emergent principalement des branches participant a 
la vascularisation de l'hypophyse et de la dure-mere adjacente. 

Le segment C4 a une orientation horizontale et est dirige vers 
l'avant. Ses principals collaterals sont les arteres capsulaires, 
vascularisant le diaphragme sellaire, et le tronc inferolateral. Le 
tronc inferolateral se divise en trois branches : superieure, 
anterieure et posterieure. Elies participent respectivement a la 
vascularisation du toit du sinus caverneux, des nerfs 
oculomoteurs. 

Le segment C3 est courbe et presente une convexite 
anterieure. 



Figure 15. 

A. Representation schematique du siphon carotidien. Segmentation selon 
la classification de Fischer. 1. Artere ophtalmique naissant du segment 
C2 ; 2 et 3. Artere communicante posterieure (2) et artere choroidienne 
anterieure (3) naissant de Cl . 

B. Angiographie cerebrale apres injection selective de I'artere carotide 
interne droite. Vue de profil. 1 . Artere ophtalmique ; 2. artere communi- 
cante posterieure ; 3. artere choroidienne anterieure ; 4. artere cerebrale 
moyenne ; 5. artere cerebrale anterieure (segment A2) ; 6. artere perical- 
leuse ; 7. artere callosomarginale ; 8. artere cerebrale posterieure. 


Le segment C2, supracaverneux et infraclinoidien, est court et 
presente une orientation posterieure, horizontale ou discrete- 
ment ascendante. II donne naissance aux arteres hypophysaires 
superieures vascularisant la loge anterieure de l'hypophyse. 

De la partie anterieure de la portion superieure du segment 
C2 nait V artere ophtalmique. 

L'artere ophtalmique est de topographie sous-arachnoidienne, 
plus rarement intradurale. Elle a une orientation anterieure pour 
rejoindre le canal optique ou elle chemine contre la face 
inferolaterale du nerf optique. 

Enfin le segment Cl est supracaverneux et supraclinoidien. 
Dans sa portion supraclinoidienne (anatomiquement sous- 
arachnoidienne), I'ACI se divise en quatre branches : l'artere 
communicante posterieure, l'artere choroidienne anterieure, 
l'artere cerebrale anterieure et l'artere cerebrale moyenne. 

Artere cerebrale anterieure (Fig. 16 ) 

L'artere cerebrale anterieure (ACA) nait de la terminaison 
carotidienne, sur sa face anteromediale. Elle se decompose, 
selon Fischer en cinq segments : 

• le segment Al, dit « precommunicant » ; 

• le segment A2, presentant un trajet ascendant jusqu'a la 
jonction bec-genou du corps calleux ; 


Neurologie 


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17-032-D-10 ■ Angiographie cerebrale normale 




Figure 16. 

A. Angiographie carotidienne de face. Visualisation de I'artere cerebrale 
anterieure (ACA). Segment A1 oblique medialement et vers I'avant. Puis 
trajet paramedian de I'ACA. 1 . Artere pericalleuse ; 2. artere callosomar- 
ginale ; Fleche : artere recurrente de Heubner, naissant de A1 ; ACI : artere 
carotide interne. 

B. Angiographie carotidienne de profil. Visualisation de I'ACA et de ses 
branches corticales. 1 . Segment A 2 ; 2. artere orbitofrontale ; 3. artere 
frontopolaire ; 4. artere frontale anterieure ; 5. artere pericalleuse ; 
6. artere callosomarginale ; 7. artere frontale mediale ; 8. artere frontale 
posterieure ; 9. artere paracentrale ; 10. artere parietale superieure ; 1 1 . 
artere parietale mediale ; 12. artere parietale inferieure. 


• le segment A3 qui contourne le genou du corps calleux ; 

• les segments A4 et A5 qui poursuivent leur trajet autour du 
corps calleux. 

L'ACA presente, dans sa portion proximale (segment Al), un 
trajet anteromedial. Elle surcroise le chiasma optique pour 
rejoindre la scissure interhemispherique. Le segment Al donne 
naissance a une artere presentant un trajet recurrent posterieur : 



Figure 17. Angiographie cerebrale de face. Visualisation des differents 
segments de I'artere cerebrale moyenne. Ml : segment basal ; M2 : 
segment insulaire ; M3 : segment operculaire ; M4 : segment cortical. 
Fleches : arteres lenticulostriees naissant de Ml . 


I'artere recurrente de Heubner, qui vascularise la tete du noyau 
caude, la partie antero-inferieure de la capsule interne et la 
portion anterieure du putamen. 

L'incidence de face permet de bien visualiser l'emergence de 
I'ACA, le segment Al, ainsi que I'artere de Heubner. 

Le segment Al des ACA est caracterise par sa grande variabi- 
lity de calibre ; une asymetrie est retrouvee dans 55 % des cas. 
L'hypoplasie du segment Al, presente dans 10 % des cas, est 
definie par un diametre inferieur a 1 mm. Elle est frequemment 
associee aux anevrismes de I'artere communicante anterieure. 

L'ACA contourne ensuite le genou du corps calleux. Elle 
prend le nom d'artere pericalleuse. De I'artere pericalleuse 
naissent des branches corticales parmi lesquelles on individua- 
lise (Eig. 16B) : I'artere orbitofrontale, I'artere frontopolaire, les 
arteres frontales mediale, anterieure et posterieure, I'artere 
paracentrale, les arteres parietales mediales superieure (ou 
precuneenne) et inferieure. Elle se termine par I'artere perical- 
leuse posterieure. Elle donne naissance dans plus de 80 % des 
cas a une artere callosomarginale, qui chemine dans le sillon 
callosomarginal. 

Variations principales de I'artere cerebrale anterieure 

On distingue I'artere mediane du corps calleux, participant a 
la vascularisation du corps calleux, les arteres bihemispheriques, 
correspondant a une ACA vascularisant l'hemisphere contrala- 
teral, et enfin la naissance d'un tronc commun unique se 
divisant en regard du genou du corps calleux. 

Artere cerebrale moyenne 

Egalement appelee artere sylvienne, I'artere cerebrale 
moyenne (ACM) represente la branche de division la plus 
volumineuse de l'ACI. Elle mesure a son origine environ 3 mm 
de diametre. On decrit generalement quatre segments : le 
segment Ml ou segment basal, le segment M2 ou segment 
insulaire, le segment M3 ou segment operculaire, et enfin le 
segment M4 cortical (Fig. 17). 

Le segment Ml s'etend de l'origine de I'artere jusqu'a son 
entree dans la vallee sylvienne. II presente un trajet lateral sous 
l'espace perfore anterieur. II est au mieux analyse sur l'incidence 
de face ou il presente un trajet rectiligne ou discretement 
concave vers le bas. Le segment Ml donne naissance aux 


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Neurologie 




Angiographie cerebrale normale ■ 17-032-D-10 



Figure 18. Branches perforantes du systeme carotidien. 

A. Artere lenticulostriee. 1 . Capsule interne ; 2. noyau lenticulaire ; 
3. artere sylvienne ; 4. artere lenticulostriee laterale (groupe externe) ; 
5. artere lenticulostriee laterale (groupe interne) ; 6. artere pericalleuse ; 
7. noyau caude ; 8. artere de Heubner. 

B. Cliche angiographique de face degageant bien les arteres 
lenticulostriees. 



Figure 19. Schema representant le triangle insulaire et la division des 
branches sylviennes. 1 . Carotide interne dans I'espace maxillopharyn- 
gien ; 2. carotide interne dans le canal carotidien ; 3. premier segment de 
la carotide interne dans le sinus caverneux ; 4. siphon carotidien ; 
5. boucle formee par le segment Ml de la sylvienne ; 6. bord inferieur du 
triangle insulaire, forme par I'axe sylvien ; 7. bord superieur du triangle 
insulaire forme par les points de reflexion superieurs des branches ascen- 
dantes de la sylvienne. C'est ce bord superieur du triangle insulaire qui 
forme la ligne insulaire ; 8. premiere collateral ascendante (ou artere en 
« candelabre ») formant la hauteur du triangle : la direction est perpendi- 
culaire a celle de I'axe sylvien ; 9. bissectrice de I'angle posterieur du 
triangle insulaire formee par une double serie de points de reflexion. Cette 
ligne est parallele au plancher de la fosse temporale ; 10. pterion; 
1 1 . sommet du triangle, situe sur une verticale passant par le conduit 
auditif externe. 


branches lenticulostriees, qui naissent perpendiculairement et 
penetrent l'espace perfore anterieur. En nombre variable (de 6 a 
20), ces arteres participent a la vascularisation du noyau 
lenticulaire, de la capsule interne et de la tete du noyau caude. 
Elies presentent un trajet en « S » italique de face. Elies ne sont 
visibles de profil qu'en cas d'une occlusion de Eartere sylvienne 
en aval du segment Ml car, en temps normal, elles se superpo- 
sent avec les arteres insulaires (Fig. 18). 

Arteres insulaires 

Les branches de division de Eartere sylvienne se recourbent 
au pole inferieur de Einsula pour cheminer sur sa face externe. 
Elles ont une orientation oblique posterosuperieure et vont se 
diviser en arteres terminales. On distingue les branches termi- 
nals ascendantes. Celles-ci presentent une premiere boucle a 
concavite inferieure ; elles se reflechissent sur la ligne superieure 
de Einsula (qui presente une legere convexite superieure) puis 
foment une boucle a concavite superieure avant de s'arboriser 
a la face externe du cerveau. Les branches descendantes ne 
presentent qu'une concavite superieure et vont longer la face 
externe du lobe temporal. Sur une incidence de profil, la ligne 
unissant les points de reflexion des branches terminales supe- 
rieures dessine une ligne appelee « ligne insulaire » (Fig. 19). Elle 
correspond au bord superieur de Einsula et presente un trajet 
rectiligne ou discretement convexe vers le haut. 

Branches corticales de Eartere cerebrale moyenne (Fig. 20) 

Les branches corticales de EACM sont subdivisees en trois 
groupes : ascendant, posterieur et descendant. 

D'avant en arriere, on distingue : 

• Eartere orbitofrontale, vascularisant la face inferieure du lobe 
frontal ; 

• Eartere frontale anterieure, vascularisant les faces externes des 
circonvolutions F2 et F3 et l'opercule frontal ; 

• Eartere frontale ascendante, cheminant dans les sillons 
central et postcentral. Elle assure la vascularisation des 
circonvolutions frontale et parietale ascendantes ; 

• Eartere parietale anterieure ; 

• Eartere parietale posterieure ; 

• Eartere du pli courbe ou artere angulaire, qui prolonge l'axe 
de Eartere sylvienne. Elle assure la vascularisation de la region 
frontale posterieure. 



Figure 20. Angiographie cerebrale de profil. Branches corticales de 
I'artere cerebrale moyenne. 1 . Artere du pli du coude ; 2. artere temporo- 
occipitale ; 3. artere temporale posterieure ; 4. artere temporale 
moyenne ; 5. artere temporale anterieure ; 6. artere orbitofrontale ; 7. 
artere prerolandique ; 8. artere rolandique ; 9. artere parietale anterieure ; 
10. artere parietale posterieure. 


Les branches descendantes sont au nombre de trois : 

• Eartere temporale anterieure, vascularisant le pole temporal ; 

• Eartere temporale moyenne, qui presente un trajet oblique en 
bas et en arriere a la partie moyenne du lobe temporal. Elle 
assure la vascularisation des parties moyennes et posterieures 
de T1 et T2 ; 

• Eartere temporale posterieure ou temporo-occipitale, qui 
presente un trajet grossierement parallele a la precedente. Elle 


Neurologie 


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17-032-D-10 ■ Angiographie cerebrale normale 



A. Branches du siphon carotidien. 1 . Artere ophtalmique ; 2. artere 
choro'i'dienne anterieure ; 3. artere communicante posterieure ; 4. tronc 
inferolateral ; 5. tronc meningohypophysaire. 

B. Arteriographie carotidienne de profil. Cliche en agrandissement dega- 
geant l'artere ophtalmique (*) et ses branches : noter l'artere meningee 
anterieure de la faux (fleche). L'artere choro'i'dienne anterieure est parti- 
culierement bien visible (tetes de fleches). 


vascularise la face externe du lobe occipital et la partie 
posterieure de la face externe du lobe temporal. 

L'analyse des branches corticales de l'ACM est difficile sur 
l'incidence de face du fait de leur superposition. En revanche, 
de profil, ces branches sont parfaitement analy sables. 

Variations de l'artere cerebrale moyenne 

L'artere cerebrale moyenne accessoire, relativement rare 
(0,3 % a 1 %), correspond a une ACM naissant soit directement 
de l'artere carotide interne, soit de l'ACA homolaterale. 

Autres variations rares, les fenestrations de l'ACM interessent 
en general les premiers millimetres du segment Ml. 

Enfin, des variations de distribution des branches corticales 
sont tres frequemment rencontrees. 

Artere choroidienne anterieure (Fig. 21) 

Elle nait de la face posterieure de la portion terminale de 
l'ACI, quelques millimetres au-dessus de l'artere communicante 
posterieure. Elle presente un calibre fin (0,6 a 2 mm). Son trajet 
se fait sur la face interne du lobe temporal. On divise son trajet 
en trois segments : les segments proximal, cisternal, et distal 
(intraventriculaire). Apres son trajet cisternal ou elle abandonne 
des branches destinees au pallidum, au bras posterieur de la 
capsule interne, a la queue du noyau caude, au noyau ventro- 
lateral du thalamus et au noyau rouge, l'artere choroidienne 
anterieure emprunte ensuite la fissure choroidienne, puis 
penetre la corne temporale en modifiant l'orientation de sa 
trajectoire et son calibre. Elle se termine en s'arborisant au 
niveau des plexus choroides des ventricules lateraux. Elle est 


bien degagee de profil. Elle a, dans son trajet cisternal, une 
direction postero-inferieure, puis un trajet ascendant. Elle 
presente un trajet en baionnette lors de son entree dans la 
corne ventriculaire, puis contourne le pulvinar dans sa portion 
terminale. De face, elle prend la forme d'un « S » inverse, la 
concavite mediale inferieure correspondant a son segment 
cisternal et la concavite laterale superieure correspondant a son 
segment ventriculaire. 

Le territoire cortical de l'artere choroidienne anterieur est 
reduit a des branches temporales assurant la vascularisation de 
la partie anterieure et mediale du lobe temporal. 

Artere communicante anterieure 

L'artere communicante anterieure est courte, disposee trans- 
versalement en avant et discretement en dessous de la portion 
du chiasma optique. Elle ferme anterieurement le poly gone de 
Willis. Elle n'est pas toujours visualisee spontanement lors de 
l'injection selective d'une artere carotide. Aussi une manoeuvre 
de compression sur l'artere carotide primitive controlaterale 
peut-elle etre necessaire afin de sensibiliser son opacification. 

Cette artere presente de nombreuses variations de calibre 
(allant jusqu'a une hypoplasie rendant les deux ACA indepen- 
dantes) et de nombre (dedoublement dans 30 % des cas, 
triplement dans 10 %, maillage vasculaire de fagon 
exceptionnelle). 

Artere communicante posterieure (Fig. 22) 

Elle n'appartient pas a la circulation posterieure (vertebroba- 
silaire), mais bien a la circulation anterieure (carotidienne) de 
par son origine embryologique. 

Elle nait de la face posterieure de l'ACI supracaverneuse (Cl- 
C2). Presentant la plupart du temps un calibre grele (1 a 2 mm 
en moyenne), elle mesure environ 10-15 mm de long. Elle fait 
communiquer la portion terminale de l'ACI et l'artere cerebrale 
posterieure homolaterale. Son absence d'opacification au cours 
d'une seriographie ne doit pas faire conclure a son absence. Elle 
est au mieux degagee par l'incidence de Worms (incidence de 
face avec inclinaison de + 25° du rayon par rapport au plan 
orbitomeatal) lors de l'angiographie. Elle donne naissance a des 
branches collaterals fines participant a la vascularisation du 
thalamus, de l'hypothalamus, la bandelette optique, et le bras 
posterieur de la capsule interne. 

Systeme vertebrobasilaire 

Artere vertebrale 

Les arteres vertebrales sont les premieres branches ascendan- 
tes de division des arteres sous-clavieres. Elies naissent a la face 
posterosuperieure de celles-ci. On distingue quatre portions : 

• le segment VI, segment de l'artere vertebrale avant son entree 
dans le canal transversaire (en C6) ; 

• le segment V2, portion de l'artere vertebrale cheminant dans 
le canal transversaire ; 

• le segment V3, contournant les masses laterales de Cl avant 
de se rediriger medialement pour penetrer la membrane 
atlanto-occipitale ; 

• le segment V4, de topographie intracranienne ; juste avant la 
reunion des deux arteres vertebrales. On note que ce segment 
V4 est de topographie sous-arachnoidienne (Fig. 23). 

Les variations anatomiques de naissance et de trajet des 
arteres vertebrales sont frequentes. La plus commune (retrouvee 
jusque dans 5 % des cas) est la naissance de l'artere vertebrale 
gauche directement de la crosse aortique, entre l'artere carotide 
primitive gauche et l'artere sous-claviere gauche (Fig. 8). Plus 
rarement, une fenestration de l'artere vertebrale peut etre 
observee (Fig. 24). 

Les arteres vertebrales ont en outre frequemment un calibre 
asymetrique. On parle alors d'artere vertebrale dominante pour 
la plus volumineuse (generalement l'artere vertebrale gauche). 


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Neurologie 



Angiographie cerebrale normale ■ 17-032-D-10 



r 



Figure 22. Angiographie vertebrale gauche de profil (A) et de face (B) 
chez un patient ayant beneficie d'une occlusion therapeutique de I'artere 
carotide interne (ACI) (anevrisme geant du siphon). Artere communicante 
posterieure droite (fleche blanche) reprenant en charge la portion distale 
de I'ACI et ses branches. TB : tronc basilaire. Fleches noires : materiel 
d'embolisation (coils). 


Artere vertebrale iritracranienne 

Elle perfore la membrane atlantoaxoidienne pour penetrer 
dans la fosse cerebrale posterieure. Elle s'anastomose avec son 
homologue controlaterale en regard du sillon bulboprotuberen- 
tiel apres avoir contourne la face laterale du bulbe. 

Le segment V4 abandonne un fin rameau cheminant vers le 
bas qui s'anastomose frequemment avec le rameau contralateral 
pour former l'axe arteriel spinal anterieur de la moelle cervicale 
haute. 

Artere cerebelleuse postero-inferieure 
(ou artere cerebelleuse inferieure) (Fig. 25) 

Elle nait generalement de l'artere vertebrale dans sa portion 
V4, a 15-20 mm de sa terminaison. Elle presente tout d'abord 
un trajet preamygdalien, puis realise une boucle caudale autour 
de l'amygdale cerebelleuse. Elle chemine ensuite entre l'amyg- 
dale et le toit du quatrieme ventricule. A son sommet, elle 
forme une boucle a convexite superieure. 

Elle abandonne, dans la portion proximale de son trajet, des 
branches bulbaires, amygdaliennes, et les arteres spinales 
posterieures. Dans la boucle craniale de sa portion distale, elle 
donne naissance aux branches choroidiennes a destinee du 
quatrieme ventricule. 



Figure 23. Angiographie apres opacification selective de I'artere verte- 
brale gauche, de face (A) et profil (B). Sont visualises les segments V2 
(dans le canal transversaire), V3 (contournant la masse laterale de Cl) et 
V4, penetrant dans la base du crane. TB : tronc basilaire. 


Dans sa portion terminale, elle donne les branches vermien- 
nes inferieures et les branches hemispheriques. 

L'artere cerebelleuse postero-inferieure est bien visualisee sur 
les incidences de profil strict et de face basse. De profil, on 
visualise son trajet initial rectiligne. Puis, dans sa portion 
periamygdalienne, elle presente une boucle caudale dont la 
partie la pus basse se situe habituellement juste au-dessus du 
foramen magnum. On visualise ensuite la boucle craniale dont 
le sommet correspond au « point choroidien ». Les branches 
hemispheriques de sa portion distale sont egalement degagees ; 
elles suivent l'ecaille occipitale. 

Sur l'incidence de face basse, on visualise les branches 
vermiennes qui ont un trajet rectiligne et une disposition 
paramediane. 

La naissance de l'artere cerebelleuse inferieure est sujette a de 
nombreuses variations. Elle peut naitre directement du tronc 
basilaire (7-10 %), de l'artere carotide interne dans sa portion 
C5 (par le biais d'une artere trigeminee persistante) ou de 
l'artere pharyngienne ascendante (a partir de son rameau 
hypoglosse). Elle peut egalement naitre d'un tronc commun 
donnant egalement l'artere cerebelleuse moyenne. 

Tronc basilaire (Fig. 25) 

Impair et median, il est forme par la reunion des deux arteres 
vertebrales a hauteur du sillon bulbopontique. II derive de la 
fusion des arteres longitudinales posterieures. D'une longueur de 
2,5 a 3,5 cm, il a une orientation anterosuperieure. Son diame- 
tre est de 3-4 mm. Il chemine en avant du tronc cerebral pour 
se terminer au niveau des pedoncules cerebraux a hauteur du 
sillon pontomesencephalique, en donnant les arteres cerebrales 
posterieures (ACP). Il est en general rectiligne chez le sujet 
jeune, et peut presenter des courbures chez le sujet age. Outre 
les ACP, il donne naissance aux arteres cerebelleuses antero- 
inferieures et cerebelleuses anterosuperieures. De fagon inhabi- 
tuelle, il peut donner naissance aux arteres cerebelleuses 
postero-inferieures. 

Sur sa face posterolaterale naissent les branches circonferen- 
tielles (de quatre a six paires) et les branches perforantes, 
nombreuses dans sa portion distale. Ces branches perforantes 
sont difficilement visualisees sur l'angiographie du fait de leur 
tres petite taille. 


Neurologie 


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17-032-D-10 ■ Angiographie cerebrale normale 



Figure 24. Angiographie apres opacification selective de l'artere vertebrale droite, de face (A) et profil (B). Fenestration de la portion V4 (fleches). Tetes de 
fleche : artere cerebelleuse postero-inferieure (postero-inferior cerebellar artery - PICA). 


Sur l'incidence en face basse, l'artere basilaire presente 
generalement un trajet rectiligne vertical ou discretement 
incline. Sur l'incidence de profil, elle est oblique vers le haut et 
vers l'avant et presente une legere convexite anterieure. Elle 
chemine en arriere du clivus, a 2-4 mm de celui-ci. 

On cite, parmi les variations anatomiques de l'artere basilaire, 
les fenestrations et les hypoplasies, les ACP etant prises en 
charge dans ce dernier cas de figure par le territoire carotidien. 

Artere cerebrale posterieure (ACP) (Fig. 25) 

Les arteres cerebrales posterieures naissent de la division 
terminale du tronc basilaire, a hauteur du sillon pontome- 
sencephalique. L'ACP presente un trajet court dans la citerne 
interpedonculaire, puis contourne les pedoncules cerebraux. A 
environ 1 cm de sa naissance, elle regoit l'artere communicante 
posterieure qui l'anastomose a l'artere carotide interne. 

Elle assure la vascularisation des faces interne et inferieure du 
lobe temporal, de la face interne du lobe occipital et du 
thalamus, du troisieme ventricule et des ventricules lateraux. 

Sur l'incidence de profil, elle presente une orientation 
posterieure perpendiculaire a l'axe du tronc basilaire. A la face 
posterieure du tronc cerebral, l'ACP se divise pour donner 
l'artere occipitale interne, discretement ascendante et la branche 
descendante temporale inferieure. 

L'ACP est divisee en quatre segments : 

• le segment PI ou precommunicant ; 

• le segment P2, qui contourne le pedoncule cerebral en 
surcroisant le nerf oculomoteur commun ; 

• le segment P3, qui longe la face inferieure du lobe temporal ; 

• le segment P4 qui chemine le long du lobe occipital sur sa 
face inferieure, pour aboutir a la scissure calcarine. 

Variations de l'artere cerebrale posterieure 

La plus frequente est la persistance de l'organisation foetale 
(10 %) : l'ACP nait directement de la partie posterieure de l'ACI, 
le segment PI etant agenesique ou hypoplasique. Cette forme 
correspond a une non-regression de la vascularisation modale 
chez le foetus. En effet, durant la vie foetale, l'ACP est alimentee 
par l'ACI via le segment qui correspond a la future artere 
communicante posterieure. Ce segment regresse a Page adulte, 
la portion PI prenant en charge alors la vascularisation de 
l'ACP. 


Branches diencephaliques 

Elies correspondent a de fins rameaux naissant de l'ACP (dans 
son trajet circumpedonculaire) ou de l'artere communicante 
posterieure. On distingue principalement : 

• les arteres thalamiques inferieures vascularisant la portion 
inferieure du thalamus. Celles-ci naissent de l'artere commu- 
nicante posterieure ; 

• l'artere choroidienne posteromediane, naissant du segment 
P2 de l'ACP. Elle chemine le long du bord superieur de 
l'artere communicante posterieure, puis sur le bord superieur 
du thalamus, abandonnant des rameaux vascularisant les 
noyaux anterieurs du thalamus. Enfin, elle penetre dans la 
toile choroidienne du troisieme ventricule qu'elle vascularise ; 

• l'artere choroidienne posterolaterale. Elle assure la vasculari- 
sation des plexus choroides. Elle croise la face interne du 
pulvinar et perfore la fissure choroidienne du ventricule 
lateral ; 

• l'artere pericalleuse posterieure qui chemine sur la face 
posterieure du splenium du corps calleux. 

Sur l'incidence de Blondeau (face), les arteres choroidiennes 
posteromedianes et posterolaterales encerclent le thalamus. 

En incidence de profil, on distingue d'avant en arriere les 
arteres thalamiques inferieures, les arteres choroidiennes 
posteromedianes et posterolaterales (concave en avant) et enfin 
l'artere pericalleuse posterieure. 

Artere cerebelleuse antero-inferieure 
(ou artere cerebelleuse moyenne) 

Elle nait au tiers inferieur du tronc basilaire, a mi-hauteur du 
pont, en regard de l'emergence du nerf trijumeau. Les arteres 
cerebelleuses moyennes sont sujettes a une tres grande 
variability . 

Sur l'incidence en face basse, on visualise leur naissance a 
angle droit par rapport au tronc basilaire, a 1 cm environ de 
son origine. Elies se dirigent ensuite vers les angles pontoce- 
rebelleux lateralement. 

Artere cerebelleuse anterosuperieure 
(ou artere cerebelleuse superieure) 

Elle nait de la portion terminale du tronc basilaire. Elle realise 
avec l'ACP homolaterale une pince dans laquelle passe le nerf 
oculomoteur commun. Le nombre et le trajet des arteres 
cerebelleuses superieures sont tres variables. 


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Neurologie 


Angiographie cerebrale normale ■ 17-032-D-10 



Figure 25. 

A. Arteriographie vertebrale de profil, temps arteriel. 1 . Artere vertebrale ; 2. tronc basilaire ; 3. artere cerebelleuse moyenne ; 4. artere cerebelleuse inferieure ; 
5. artere cerebelleuse superieure ; 6. artere communicante posterieure ; 7. artere cerebrale posterieure ; 8. artere choroidienne posteromediane ; 9. artere 
choroidienne posterolaterale ; 10. artere pericalleuse posterieure ; 1 1 . artere calcarine. 

B. Arteriographie vertebrale de face, temps arteriel. 1 . Artere vertebrale ; 2. tronc basilaire ; 3. artere cerebelleuse moyenne ; 4. artere cerebelleuse inferieure 
ou postero-inferieure ; 5. artere cerebrale posterieure ; 6. artere cerebelleuse superieure ; 7. branche vermienne de I'artere cerebelleuse inferieure ; 8. branche 
occipitale de I'artere cerebrale posterieure ; 9. branche temporale de I'artere cerebrale posterieure ; 10. artere calcarine ; 1 1 . artere spinale anterieure. 


Polygone de Willis (Fig. 26 ) 

Le polygone de Willis represente un reseau de suppleance 
des arteres intracraniennes. II a la forme d'un heptagone dont 
les cotes sont : les segments precommunicants des arteres 
cerebrales anterieures, I'artere communicante anterieure, les 
arteres communicantes posterieures, et les segments precom- 
municants des arteres cerebrales posterieures. II est caracterise 
par une tres grande variability : 22 formes differentes de 
polygones de Willis ont ete decrites. II n'est complet que dans 
13 % a 21 % des cas. 


Variations anatomiques 

Anastomoses carotidobasilaires 

Ces anastomoses correspondent a la persistance d'arteres 
vestigiales, qui auraient normalement du regresser au cours du 
developpement de l'embryon, entre I'artere carotide interne et 
le sy steme vertebrobasilaire. 

De haut en bas, ce sont les suivantes. 

Artere trigeminee persistante 

C'est la plus frequente des anastomoses carotidobasilaires 
(0,02 % a 0,6 %). Elle fait communiquer le segment C4 ou 


Neurologie 


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17-032-D-10 ■ Angiographie cerebrale normale 




Figure 26. 

A. Representation schematique du polygone de Willis. Vue caudale. ACI : 
artere carotide interne ; ACom : artere communicante anterieure ; 
PCom : artere communicante posterieure ; ACP : artere cerebrale poste- 
rieure ; CO : chiasma optique ; NO : nerf optique ; D : droite ; G : gauche. 

B. Angiographie par resonance magnetique (ARM) du polygone de Willis 
en 3D temps de vol ( time of flight - TOF) sur imagerie par resonance 
magnetique (IRM) 3T. Vue caudale. 1. Artere cerebrale anterieure (A1) 
gauche ; 2. artere cerebrale anterieure (A1) droite ; 3. artere communi- 
cante posterieure droite ; 4. artere cerebrale posterieure droite ; 5. artere 
cerebrale posterieure gauche ; 6. artere communicante posterieure gau- 
che. ACI : artere carotide interne ; ACM : artere cerebrale moyenne ; 
D : droite ; G : gauche. 



Figure 27. Artere trigeminee persistante. 

A. Angiographie par resonance magnetique (ARM) 3D time of flight (TOF) 
du polygone de Willis. Reconstruction maximum intensity projection (MIP) 
3D. Visualisation d'une artere trigeminee persistante (AT) realisant une 
anastomose entre le segment C5 de I'artere carotide interne (ACI) droite 
et de la jonction tiers moyen-tiers superieur du tronc basilaire (TB). 

B. ARM 3D TOF du polygone de Willis. Coupe axiale. Trajet de I'artere 
trigeminee (fleche) a proximite du nerf trijumeau (tete de fleche). 


C5 de I'artere carotide interne avec la face anterieure de la 
jonction tiers moyen/tiers superieur de I'artere basilaire 
(Fig. 27A). Elle passe par le cavum de Meckel apres avoir 
contourne le clivus (trajet parasellaire) puis chemine a proximite 
du nerf trijumeau dans sa portion cisternale, avant de s'anasto- 
moser avec I'artere basilaire (Fig. 27B). Elle peut egalement 
passer par un orifice propre dans le dos de la selle turcique 
(trajet transsellaire). 

Cette anastomose est au mieux visualisee sur l'incidence de 
profil apres injection par I'artere carotide interne. 

Une hypoplasie ou une absence de I'artere communicante 
posterieure homolaterale et du segment PI de l'ACP est souvent 
associee a cette variante. Une absence/hypoplasie de I'artere 
vertebrale homolaterale peut egalement s'observer, I'artere 
basilaire etant alimentee par I'artere trigeminee persistante. 

Artere acoustique 

Cette persistance anastomotique est extremement rare. Elle 
fait communiquer, en traversant le rocher, la carotide interne 
dans le canal carotidien et la partie caudale du tronc basilaire. 

Artere hypoglosse (Fig. 28) 

C'est la deuxieme plus frequente des anastomoses carotido- 
basilaires (0,027 % a 0,26 %). Elle prend naissance sur la face 
posterieure de la portion haute de I'artere carotide interne dans 


son segment cervical, a hauteur des corps vertebraux C1-C2. 
Elle chemine ensuite posterieurement et vers le haut dans le 
foramen hypoglosse (ou canal condylien), qui apparait elargi. 
Elle presente une courbe a concavite posterieure, puis s'incurve 
pour rejoindre la ligne mediane. Elle est souvent associee a une 
hypoplasie de I'artere vertebrale et communicante posterieure. 

Artere proatlantale 

Cette anastomose carotidobasilaire est rare. II en existe deux 
types : le premier provenant de I'artere carotide interne ; le 
second de I'artere carotide externe. 

Elle nait de la face posterieure de I'artere carotide interne en 
regard des segments vertebraux C2-C3 (plus rarement C4) ou 
bien de la portion proximale de I'artere carotide externe. Elle 
presente un trajet posterieur et ascendant ; elle contourne les 
masses laterales de Cl et accompagne I'artere vertebrale homo- 
laterale dans son entree dans le foramen magnum. 

Anastomoses carotidovertebrales cervicales 

Elies sont exceptionnelles. Elies peuvent etre rencontrees a 
tous les etages cervicaux. Elies correspondent a une persistance 
des arteres intersegmentaires cervicales destinees aux somites 
occipitaux. 


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Neurologie 







Angiographie cerebrale normale ■ 17-032-D-10 



Figure 28. Artere hypoglosse (fleches). 


■ Circulation veineuse 
intracranienne 

Etage sus-tentoriel 

La circulation veineuse intracranienne est composee de gros 
collecteurs : les sinus veineux intracraniens et les veines 
hemispheriques. Les sinus duraux sont formes par un dedouble- 
ment des feuillets dure-meriens et sont depourvus de valvules ; 
ils sont alimentes par les reseaux veineux profond et superficiel. 


Ils regoivent egalement les veines meningees et les veines 
emissaries, qui traversent la voute cranienne et drainent les 
veines extracraniennes. Ils presentent de nombreuses anasto- 
moses entre eux et avec le systeme collecteur veineux 
infratentoriel. 

Sinus veineux duraux (Fig. 29) 

Sinus sagittal superieur (ou longitudinal superieur) 

II est median et presente une orientation sagittale d'avant en 
arriere, allant de l'apophyse crista galli (ou il communique avec 
les veines faciales et nasales) jusqu'a la protuberance occipitale 
interne. II est re joint a ce niveau par le sinus droit pour former 
le torcular ou pressoir d'Herophile. Le sinus longitudinal 
superieur est compose d'un dedoublement des feuillets duraux 
de la faux du cerveau au niveau de son insertion sur la face 
interne de la voute cranienne. Son calibre augmente d'avant en 
arriere. 

II assure le drainage de la plus grande partie du reseau 
veineux des faces externe et interne des hemispheres (Fig. 30). 

Sur l'incidence de face, il est vu en enfilade du fait de sa 
position mediane ; il presente une forme triangulaire caracteris- 
tique. Il est au mieux visualise sur l'incidence de profil. Des 
acquisitions de trois-quarts avec compression jugulaire peuvent 
aider a degager ses portions anterieure et moyenne. 

Sinus sagittal inferieur (ou longitudinal inferieur) 

Il presente un petit calibre. Il est situe dans le bord libre 
inferieur de la faux du cerveau. Il debute a la jonction tiers 
anterieur/tiers moyen de la faux. Il chemine d'avant en arriere 
le long de la face dorsale du corps calleux. 

Il n'est pas visualise en incidence de face. De profil, il 
presente un aspect arciforme a concavite inferieure. Son trajet 
est grossierement parallele a celui du sinus longitudinal 
superieur. 

Le sinus longitudinal inferieur regoit les veines du corps 
calleux et de la face interne des hemispheres cerebraux. Il se 
jette dans la veine de Galien. 




* 

Figure 29. Systeme veineux cerebral. 

A. Schema des veines cerebrales de profil. 1 . Sinus longitudinal superieur ; 2. sinus droit ; 3. sinus lateral ; 4. veine jugulaire interne ; 5. veine basilaire ; 6. veine 
thalamostriee; 7. veine septale ; 8. anastomose corticale frontotemporale (veine de Labbe) ; 9. sinus caverneux ; 10. sinus petreux superieur; 11. veine 
cerebrale interne ; 12. ampoule de Galien ; 13. sinus longitudinal inferieur; 14. veine corticale parietale. 

B. Schema des veines cerebrales de face. 1. Sinus sagittal superieur; 2. sinus droit; 3. sinus lateraux ; 4. golfe de la jugulaire ; 5. veine basilaire ; 6. veine 
thalamostriee. 

C. Schema des veines cerebrales en vue craniale. 1 . Veine ophtalmique superieure ; 2. sinus sphenoparietal ; 3. sinus coronaire ; 4. sinus caverneux ; 5. sinus 
petreux superieur; 6. sinus petreux inferieur; 7. plexus basilaire ; 8. plexus du foramen magnum ; 9. sinus occipital ; 10. sinus lateral droit. 


Neurologie 


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17-032-D-10 ■ Angiographie cerebrale normale 



Sinus caverneux 
Sinus lateral 

Veine basilaire, veine cerebrale interne, 

veine de Galien, sinus sagittal inferieur-sinus droit 

Sinus sagittal superieur 

Figure 30. Territoires de drainage veineux a I'etage sus-tentoriel. 


Sinus droit 

Unique et median, il nait de la confluence du sinus droit et 
de l'ampoule de Galien. Cette confluence correspond anatomi- 
quement a l'apex de la tente du cervelet. 

Oriente obliquement vers le bas et l'arriere, il mesure 5 cm. 
II se termine dans le torcular. Dans 85 % des cas, il est unique 
et median. Dans 15 % des cas, il peut etre dedouble (voire 
triple). Parfois, il donne directement un sinus lateral ; generale- 
ment le droit. 

Torcular (ou pressoir d'Herophile) 

Il nait de la reunion du sinus longitudinal superieur, du sinus 
droit et de la portion transverse des sinus lateraux. Cette 
confluence est souvent asymetrique et est sujette a de nom- 
breuses variations anatomiques. 

Sinus lateraux 


presente un trajet horizontal. Il regoit principalement des 
afferences du sinus petreux superieur et des veines cerebrales 
inferieures temporales et occipitales. 

Le sinus sigmoide presente un trajet en « S ». Il realise un 
coude en dedans au niveau du rocher puis descend le long de 
la gou there petromastoidienne. Il va se poursuivre en donnant 
naissance a la veine jugulaire interne lorsqu'il atteint le foramen 
jugulaire. 

Le plus souvent, les sinus lateraux presentent un calibre 
asymetrique ; le sinus lateral droit est ainsi frequemment plus 
volumineux que le gauche. 

Sinus occipital 

Median et inconstant, il est situe dans la fosse cerebrale 
posterieure et chemine dans un dedoublement de la faux du 
cervelet. Il n'est visualise que de fagon inconstante en angiogra- 
phie du fait de sa petite taille. Il donne deux branches horizon- 
tales qui vont contourner le foramen magnum et rejoindre les 
sinus sigmoides. 

Sinus caverneux 

Les sinus caverneux sont de topographie laterosellaire, de part 
et d'autre de la selle turcique. Ils sont relies entre eux par le 
plexus coronaire. Ils s'etendent de la fente sphenoidale en avant 
au foramen lacerum en arriere. 

Le sinus caverneux est forme par des logettes cloisonnees. 
Dans sa paroi laterale cheminent les nerfs craniens III, IV, VI et 
V2. Le nerf VI est, lui, situe medialement dans la loge caver- 
neuse. Le sinus caverneux est traverse par ailleurs par l'artere 
carotide interne dans sa partie intracranienne proximale. 

Il draine les arteres ophtalmiques superieure et inferieure en 
avant, le sinus sphenoparietal lateralement, les veines hypo- 
physaires, la veine uncine, et le sinus petreux superieur. Il se 
draine dans le sinus petreux inferieur et par des veines emissai- 
res traversant la base du crane. 

Il est inconstamment opacifie au temps veineux apres 
injection par voie arterielle, sans que cela n'ait de valeur 
pathologique. 

Il est au mieux accessible par microcatheterisme selectif de la 
veine ophtalmique superieure ou du sinus petreux inferieur. 

Sinus petreux inferieur et superieur 

Le sinus petreux superieur court le long du bord superieur du 
rocher a hauteur de l'insertion de la tente du cervelet. Il va de 
la portion transverse du sinus lateral a la partie posterieure du 
sinus caverneux. Sur l'angiographie de profil par injection de 
l'artere vertebrale, il est visualise, joignant l'apex petreux a la 
portion posterieure du sinus caverneux. 

Il est alimente par les veines cerebrales inferieures, les veines 
cerebelleuses, les veines mesencephaliques laterales et les veines 
tympaniques. 

Le sinus petreux inferieur court le long de la suture petro- 
occipitale. Il est au mieux visualise sur l'incidence de profil ; il 
relie la partie posterieure du sinus caverneux au golfe de la 
jugulaire interne. 

Sa presence est inconstante et son aspect variable, il peut 
prendre un aspect plexiforme. 

Le sinus petreux inferieur constitue une voix d'abord retro- 
grade de choix du sinus caverneux pour le traitement des 
fistules carotidocaverneuses. 

Il peut egalement etre catheterise pour un dosage etage 
d'hormone hypophysaire. 

Reseau veineux superficiel (veines corticales) 

Il presente une variability interindividuelle tres importante. Il 
est compose des veines de la face externe et de la face interne. 


Ils sont pairs et, la plupart du temps, asymetriques. Ils 
naissent de la division du sinus longitudinal superieur au niveau 
du torcular et se poursuivent dans leur portion distale par les 
veines jugulaires internes. Ils sont composes de deux seg- 
ments successifs : le sinus transverse et le sinus sigmoide. 

Le sinus transverse nait directement du torcular et chemine 
dans la tente du cervelet, au niveau de son insertion sur la 
voute cranienne, contre la face interne de l'ecaille occipitale. Il 


Veines de la face externe 

Elle comprend les groupes superieur, postero-inferieur et 
antero-inferieur. 

Le groupe postero-inferieur est forme par un reseau de veines 
ayant un trajet ascendant, frontales, parietales et occipitales. Ces 
veines se drainent dans le sinus longitudinal superieur. On 
distingue parmi ces veines une veine plus volumineuse rolandi- 
que ou prerolandique. 


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Neurologie 


Angiographie cerebrale normale ■ 17-032-D-10 


1 



Figure 31. Schema des anastomoses superficielles des veines cerebra- 
les. Vue laterale. 1 . Sinus sagittal superieur ; 2. veine de Trolard ; 3. veine 
cerebrale moyenne ; 4. veine de Labbe ; 5. sinus lateral. 


Le groupe superieur comprend les veines temporales et 
occipitales. Celles-ci se jettent dans le sinus lateral. 

Enfin le groupe antero-inferieur est compose des veines 
frontales basses, insulaires et temporales anterieures ; elles se 
drainent dans le sinus caverneux. 

Deux veines anastomotiques principales sont decrites (Fig. 31) : 

• la grande veine anastomotique superieure (veine de Trolard), de 
topographie anterieure, reliant le sinus longitudinal superieur 
au sinus sphenoparietal par Tintermediaire d'une veine rolan- 
dique et d'une veine cerebrale moyenne superficielle ; 

• la veine anastomotique inferieure (ou veine de Labbe) reliant 
le sinus sagittal superieur et le sinus lateral, par l'interme- 
diaire d'une veine parieto-occipitale et d'une veine occipitale. 
Ces veines anastomosent le groupe des veines superieures a 

celui des veines inferieures et sillonnent sur la face externe des 
hemispheres cerebraux. 

Ces deux veines sont parfois anastomosees entre elles par la 
petite veine de Labbe. 

Veines de la face interne 

Elles sont situees dans la scissure interhemispherique. On 
distingue trois groupes : 

• un premier se drainant dans le sinus longitudinal superieur ; 

• un second, compose des veines temporales internes et des 
veines occipitales, se drainant dans le sinus lateral ; 

• le troisieme regroupant les veines de l'espace perfore anterieur 
et se jetant dans la veine basilaire. 

Le reseau veineux cortical est difficilement analysable de face, 
du fait des superpositions des structures vasculaires. En revan- 
che, le cliche de trois-quarts permet une bonne analyse de ces 
veines corticales, celles-ci s'opacifiant progressivement d'avant 
en arriere. Elles presentent un calibre regulier, augmentant de la 
distalite vers la proximalite. 

Reseau veineux profond (Fig. 29) 

Veines cerebrales internes 

Elles naissent en regard des foramens de Monro de la reunion 
des veines septale anterieure, thalamostriee et choroidienne 
superieure. Elles ont une orientation posterieure vers la toile 
choroidienne superieure. 

Lorsqu'elles passent au-dessus du troisieme ventricule, elles 
decrivent une courbe a concavite inferieure. Les veines cerebra- 
les internes se rejoignent au-dessus de la glande pineale, puis 
gagnent la veine de Galien. 

Elles drainent entre autres : les veines septales, caudees, 
atriales, thalamiques, choroidiennes, tectales et pineales. 

Veine basilaire 

Egalement appelee veine basale de Rosenthal, paire et syme- 
trique, elle prend naissance au niveau de l'espace perfore 
anterieur et presente un trajet oblique en haut et en dedans. 


Elle s'unit a la veine cerebrale interne pour s'aboucher dans la 
veine de Galien. 

Sur l'incidence de face, elle presente un trajet oriente vers le 
haut et en dedans, en direction de la ligne mediane, ou elle est 
rejointe par la veine thalamostriee. 

En incidence de profil, on visualise sa naissance a 10 mm 
au-dessus des processus clinoides posterieurs ; elle presente une 
orientation posterieure et craniale vers l'ampoule de Galien. 

Grande veine cerebrale (ou ampoule de Galien) 

Elle provient de la reunion des deux veines cerebrales internes. 
Les veines basilaires s'y jettent en regard de son segment situe 
sous le splenium du corps calleux. A ce niveau, elle realise une 
courbe a concavite craniale. Elle se jette dans le sinus droit en 
arriere de l'abouchement du sinus longitudinal inferieur. 

Etage sous-tentoriel (Fig. 32) 

Veines de la fosse cerebrale posterieure 

Les veines de la fosse cerebrale posterieure sont visualisees au 
temps veineux apres injection dans Tune des arteres vertebrales. 
Elles sont divisees en trois groupes : 

• le groupe superieur ; 

• le groupe posterieur alimentant les sinus lateraux ; 

• le groupe anterieur se drainant dans le sinus petreux. 

Groupe superieur 

II est compose de trois veines principales bien individualisa- 
bles en angiographie selective : 

• la veine mesencephalique posterieure qui contourne la face 
laterale du pedoncule cerebral. A hauteur du sillon laterome- 
sencephalique, elle draine la veine mesencephalique laterale ; 

• la veine precentrale, qui prend naissance dans le sillon 
precentral Elle presente un trajet vertical et se draine dans la 
veine cerebrale interne. De profil, elle presente un trajet 
caracteristique en « virgule » ; 

• la veine vermienne superieure. Elle draine la moitie supe- 
rieure du vermis et de l'hemisphere cerebelleux. De position 
paramediane, elle a un trajet anterosuperieur ; elle se jette 
dans la veine cerebrale interne. 

Groupe posterieur 

II comprend les veines hemispheriques inferieures, dont le 
trajet suit l'ecaille occipitale, puis qui se jettent dans les sinus 
lateraux, et la veine vermienne inferieure. La veine vermienne 
inferieure est quasi constante ; elle nait en regard de la face 
posterieure de l'amygdale puis se dirige vers le haut et en arriere 
en direction du vermis pour se terminer dans le torcular ou le 
sinus droit. 

Groupe anterieur 

On individualise trois groupes principaux de veines : 

• la veine pontomesencephalique anterieure ; 

• la veine du recessus lateral et du quatrieme ventricule ; 

• la veine petreuse. 

■ Place de I'angiographie cerebrale 
dans Texploration des pathologies 
vasculaires intracraniennes 

L'angiographie numerisee presente, comparativement aux 
autres modalites d'imagerie non invasive, une meilleure resolution 
spatiale. En effet, celle-ci est de 200 pm (contre 400 pm pour 
l'angioscanner). Ainsi, cette bonne resolution spatiale permet 
d'apprecier de faibles modifications de calibre des arteres 
intracraniennes comme dans le cadre des angiopathies cerebra- 
les ou du vasospasme. 

En revanche, des etudes recentes [7_9] ont demontre l'egalite 
des performances, en termes de sensibilite, de l'angioscanner et 
de l'angiographie numerisee, pour la detection des anevrismes 


Neurologie 


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17-032-D-10 ■ Angiographie cerebrale normale 



Figure 32. 

A. Arteriographie vertebrale de face, temps veineux. 1. Veine cerebrale interne ; 2. sinus lateral ; 3. veine hemispherique cerebelleuse ; 4. veine mesence- 
phalique posterieure ; 5. veine vermienne inferieure ; 6. veine mesencephalique cerebrale ; 7. veine du recessus lateral du IV e ventricule ; 
8. veine petreuse ; 9. sinus petreux superieure. 

B. Arteriographie vertebrale de profil, temps veineux. 1 . Veine cerebrale interne ; 2. veine basilaire ; 3. veine pontomesencephalique anterieure ; 4. veine 
mesencephalique posterieure; 5. veine precentrale ; 6. sinus petreux inferieur; 7. sinus petreux superieur; 8. sinus sigmo'i'de ; 9. veine vermienne 
cerebelleuse ; 1 0. veine hemispherique cerebelleuse ; 1 1 . veine occipitale interne ; 1 2. sinus droit ; 1 3. veine vermienne superieure ; 1 4. veine de Galien. 


intracraniens, y compris pour ceux de petite taille (< 3 mm). 
C'est pourquoi, dans de nombreux centres, l'angioscanner est 
desormais pratique en premiere intention devant une hemorra- 
gie sous-arachnoidienne non traumatique. 

De plus, les sequences d'ARM 3D temps de vol ( time of flight 
- TOF) disponibles sur les nouvelles IRM 3T jouissent d'une 
meilleure resolution spatiale que celles realisees a 1,5T et 
permettent une analyse plus fine de la distalite des vaisseaux 
intracraniens (Fig. 33). 

L'angiographie etant un examen dynamique, elle permet 
egalement d'evaluer au mieux les anomalies de flux (drainage 
precoce ou retarde) et ainsi de mieux comprendre l'angioarchi- 
tecture des malformations vasculaires (MAY et FAY). 


Cependant, de nouvelles techniques d'ARM dynamiques, bien 
qu'encore moins performantes aujourd'hui que l'angiographie 
cerebrale, mais en plein essor, permettent d'obtenir des informa- 
tions interessantes sur le drainage de ces malformations vascu- 
laires [10 ' 11] . L'angiographie cerebrale garde egalement un interet 
dans le controle des anevrismes et malformations vasculaires 
embolises, ou traites chirurgicalement. En effet, cette technique 
d'imagerie est moins sujette aux artefacts metalliques que les 
techniques non invasives comme l'angioscanner. Selon certaines 
etudes, l'angiographie tridimensionnelle, realisee sur un capteur 
plan, est un examen de choix pour l'analyse des anevrismes 
embolises, permettant des reconstructions 3D, offrant une 
meilleure visualisation des residus et des recanalisations [12] . 


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Neurologie 



Angiographie cerebrale normale ■ 17-032-D-10 



Figure 33. Angiographie par resonance magnetique (ARM) 3D time of flight (TOF) du polygone de Willis realisee sur une imagerie par resonance magnetique 
(IRM) 3T. Reconstruction en rendu de volume. 

A. Vue de face. 

B. Vue de trois quarts. On note une tres bonne visualisation de la distalite des arteres intracraniennes, notamment des branches terminales de 
I'artere cerebrale moyenne et de I'artere cerebrale posterieure (fleches). 


Enfin, il est a noter que l'angiographie cerebrale a ete 
supplantee dans Eexploration des pathologies veineuses intra- 
craniennes par l'angioscanner, FARM veineuse, et les sequences 
d'lRM T2 en echo de gradient (hyposignal intraveineux d'ori- 
gine artefactuelle en rapport avec la presence d'un throm- 
bus) [13] . Ces examens non invasifs apportent en effet des 
informations suffisantes sur la morphologie du drainage veineux 
et sur la presence d'une eventuelle thrombose. 

■ Conclusion 

Malgre les progres croissants des techniques non invasives 
dans l'exploration des pathologies vasculaires intracraniennes, 
Eangiographie cerebrale numerisee reste un examen indispensa- 
ble pour la comprehension des malformations vasculaires 
cerebrales et la planification de leur traitement. 

B ■ References 

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F. Clarendon. 

F. Bonneville. 

A. Biondi. 

B. Jean. 

N. Sourour. 

J. Chiras (jacques.chiras@psl.ap-hop-paris.fr). 

Service de neuroradiologie, Groupe hospitalier Pitie-Salpetriere, AP-HP, 47-83, boulevard de I'hopital, 7501 3 Paris, France. 

Toute reference a cet article doit porter la mention : Clarendon F., Bonneville F., Biondi A., Jean B., Sourour N., Chiras J. Angiographie cerebrale normale. EMC 
(Elsevier Masson SAS, Paris), Neurologie, 1 7-032-D-10, 2009. 


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